Cluster Plantacter

Projet thèse

Récréation et recréation territoriale dans les espaces ruraux : vers un après-tourisme ?

Argumentaire scientifique Les sociétés et territoires contemporains sont profondément marqués par une recomposition du « rangement du monde » (D. Retaillé) entre les espaces, temps et pratiques de l’« Ici » (ville, quotidien, travail) et de l’« Ailleurs » (rural, hors-quotidien, loisir). Cette mutation est caractéristique de la post-modernité, qui produit de multiples entre-deux en dépassant les frontières et en installant des continuités et des hybridations où prévalaient jusque là des ruptures et des fragmentations spatiales, temporelles, culturelles et fonctionnelles : urbain-rural, proche-lointain, intérieur-extérieur, naturel-artificiel, touristique-non touristique, travail-loisirs, quotidien-vacances… Dans ce contexte, l’intégration de l’imaginaire des vacances dans l’univers quotidien (Z. Baumann : « Good life as a continuous holiday ») se traduit par un paradoxe : tout en devenant centrales dans les modes de vie, le territoire et l’économie, les pratiques récréatives (loisirs, tourisme, sport) semblent se dissoudre et se dérober de plus en plus en tant qu’objets et opérateurs autonomes. Ce phénomène, dans lequel l’hybridation croissante entre fonctions résidentielles, économiques et récréatives, joue un rôle-clé peut être analysé à l’aide de la grille de lecture provisoire du post-tourisme. Cette notion rend compte d’un changement de statut et d’identité des pratiques et lieux touristiques dans le contexte de la globalisation et de la post-modernité : métropolisation, migrations d’agrément, fin de l’utopie et de l’u-chronie touristiques, métissage des temps, lieux et activités (professionnelles, culturelles, sociales…), touristification des lieux ordinaires, tourisme expérimental, mais aussi souvent relance d’activités agricoles et création d’activités de services… A la fois porteuses de crises et d’opportunités, ces mutations invitent à renouveler les grilles de lecture des sciences sociales en mobilisant de nouvelles notions et références : passage du séjour à l’habiter, de l’économie touristique à l’économie présentielle, de la station au lieu de vie, de la spécialisation à la diversification, du touriste au « récréactif ».

Orientation problématique de la thèse : quelles sont les mutations et recompositions (socio-culturelles économiques, territoriales…) observées dans la manière dont la « récréation » contribue à redéfinir le statut et la dynamique des espaces ruraux dans un contexte post-touristique ? Quels sont les concepts et outils aptes à observer, comprendre et « gouverner » les processus concernés ?

Terrains concernés : une diversité de configurations péri-urbaines, rurales et montagnardes faisant l’objet d’une gradation d’intensité et d’ancienneté de l’activité touristique (à préciser dans une perspective de convergence avec les autres travaux du Cluster 9.

Allocation doctorale attribuée en 2008

Doctorant(e)

Laboratoire(s) d'encadrement


Citation : Récréation et recréation territoriale dans les espaces ruraux : vers un après-tourisme ? - Projet thèse
URL : http://www.cluster-plantacter.fr/spip.php?article472

© cluster de recherche Rhône-Alpes Qualité des plantes, agricultures, acteurs & territoires, 2007